Ma presque soeur

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Chère belle-soeur / voleuse de frère,

Tu es débarquée chez nous en pleine froideur d’hiver. Moi qui n’avais que des modèles masculins, moi qui ne voulait rien savoir qu’une autre fille entre dans ma famille de boys. Tu es arrivée avec ton air bête et ta personnalité déjà bien affirmée pour une jeune femme de 17 ans. Lorsque tu as chamboulé ma vie, en même temps de me voler mon frère, je n’avais que 11 ans.

Je me souviens comme si c’était hier. Je t’ai observé avec un regard intransigeant, avec un goût amer dans le plus profond de ma gorge. Tu me volais la personne qui avait été toujours là pour moi depuis ma naissance. Celui qui, lorsque je m’égratignais le bout de mon petit orteil, s’empressait de me secourir ou celui qui me protégeait contre mes deux autres adolescents de frères démoniaques. Alors toi, avec ton peu de tact, tu me prenais mon meilleur ami, sans aucun remord. Nouvellement arrivée à la maison, que tu me volais déjà ce que j’avais de plus précieux #bitch.

Je t’ai tellement détestée. Je voulais que tu sortes de ma vie. De notre vie. Mais veux-tu ben me dire pour qui elle se prend de regarder mon frère avec des étoiles dans les yeux ? Pffft. En plus est même pas drôle. Je ne sais pas ce qu’il lui trouve. Des réflexions de méchancetés à ton égard, j’en ai eu, crois-moi. Puis, plus le temps allait, plus je me rendais à l’évidence que mon frère t’estimait énormément et que je serais prise avec toi pour un bon bout #misère. J’allais donc devoir essayer de t’apprécier.

Les mois filaient et tranquillement et je te médisais toujours, mais tu t’ouvrais lentement et différemment à moi. Tu me faisais découvrir ta vie et ce qu’elle était avant mon frère ; très différente de tout ce que j’avais connu. Une vraie guerrière. Mon jeune âge me permettait tout de même de comprendre que ton satané air bête n’était qu’une façade pour te protéger, toi qui n’as pas eu une enfance des plus faciles, mais lorsqu’on y laissait pénétrer un peu de confiance et d’amour, un être sensible en ressortait.

Après 15 ans, je peux affirmer que j’ai enfin une sœur et je remercie la vie de m’en faire bénéficier (sinon, je porterais sans doute encore des boxers…). Tu as été un modèle de force et de détermination. Tu m’as appris, qu’importe les évènements, nous sommes responsables des actions que nous allons prendre pour y remédier. Tout au long de mon adolescence, j’ai eu la chance de vivre à côté d’une femme attentive et dévouée pour les gens qu’elle aime. Tu ferais des pieds et des mains pour que tes proches ne manquent de rien.

L’an passé, alors que toute ma vie se transformait, tu as toujours été présente. Tu m’écoutais, me rassurais, tu m’ouvrais les yeux sur des choses que je ne voyais plus tellement que mes émotions prenaient le dessus. Tu étais simplement là.

J’ai boudé mon frère longtemps, car je croyais qu’il t’avait choisi au détriment de moi. Aujourd’hui, je crois qu’au contraire, il l’a fait pour moi. Il ne le sait peut-être pas, mais te choisir comme compagne de vie m’a permis de devenir une femme forte et déterminée ; tout comme toi.

Merci d’être dans ma vie, merci de rendre mon frère heureux, merci de m’accepter telle que je suis, merci d’être toi, merci d’être ma meilleure amie, merci d’être ma presque sœur.

 

23 novembre 2017
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