Le village du bonheur

Publié dans #Lifestyle par

Par un vendredi soir humide d’août, l’une de mes plus authentique amie et moi avons prévu une tournée traditionnelle dans notre magasin fétiche… le village des valeurs!

Jamais de votre vivant vous ne croiserez un binôme autant déterminé et enthousiaste à l’idée d’aller fouiner dans de l’usagé. Magasineuses d’expérience, une bouteille d’eau citronnée à la main, nous quittons le quartier général. En route, je regarde mon alliée et lui demande : ‘’Quels sont nos objectifs?’’ Des robes et des articles ménagers pour elle. Des souliers pour moi… mais pas n’importe lesquels! Je précise que je rêve de me procurer des KEDS noirs pour remplacer les marines que j’ai aux pieds. Elle hoche la tête. Nous sommes en route, plus résolues que jamais.

Arrivées sur les lieux, j’y dépose un sac rempli de mon dernier tri de désencombrement effectué selon la technique KonMari. C’est alors que le jeune préposé aux dons me remet une offrande inestimable : une carte dorée nous donnant droit à 10% de rabais sur la totalité de nos achats.

Nos cœurs s’emballent.

La chaleur nous monte à la tête.

Le commis nous remet un énorme panier à roulettes.

Il est près de 20h00.

D’une embardée, le panier affamé s’engage à toute vitesse.

Nous divergeons un instant entre les étalages. Je fouille dans la vaisselle pendant qu’elle examine les lainages.

Autour de nous, des individus passent rapidement en une course contre la montre pour tout voir en même temps et ne pas rater un futur coup de cœur. Une femme vient d’ailleurs m’intercepter dans ma psychose de robes : selon elle, «Les prix ont dramatiquement augmenté. C’est inconcevable!». D’un œil avare, elle porte un jugement sur la robe BCBG intemporelle à 6.99$ que je tiens fermement dans mes mains, tremblantes d’excitation. Je ne réponds pas à sa provocation, à la guerre comme à la guerre! Je baisse plutôt les yeux et m’éloigne.

Le panier devient lourd. Nous réalisons que nous nous sommes étourdies. Un éclair de lucidité chasse notre envie d’écumer le magasin en entier. Nous reprenons l’assaut vers mon objectif initial : les stands à bottillons.

Il faut dire que cette section est particulière et jugée trop sévèrement. Bien choisie, une chaussure peut être consommée de second pied. Encore faut-il que le premier pas ne s’y ressente pas trop…

La voie est bondée. Une dame et ses deux enfants y partagent bien des songes dans un langage inconnu. Leur bataillon occupe d’ailleurs beaucoup trop d’espace devant le 36 à 37. Nous nous y frayons un passage, péniblement mais sûrement.

Ma brave associée a déjà une victoire au tableau; de charmants escarpins vintage tout à fait son style. Je suis jalouse. Je lui souris hypocritement. Je continue la bataille. J’avance, je lutte, je persévère… en vain.

Puis, elle les trouve pour moi. Des KEDS. Rouges. Dans le 36.5. Nous figeons… Comment est-ce possible? Quelles sont les chances? Sommes-nous dans une téléréalité? OÙ SONT LES CAMÉRAS? Le temps s’arrête. On n’entend presque plus les classiques de la radio. On ne flaire presque plus la drôle d’odeur remplie d’histoire…

Puis, je remarque qu’une jeune collégienne envie ma précieuse trouvaille. Elle la fixe stratégiquement. Passant sa langue sur ses lèvres. Je me presse de découvrir mes pieds du modèle marin pour celui écarlate. Victoire totale. J’en hurle de joie devant un régiment abattu qui persévère. Un regard à ma droite me permet d’entrevoir une paire de magnifiques Clarks noirs de style ballerine, en cuir véritable. Je les saisis. Nos voisines sont mortes d’envie. Ma partenaire n’est pas en reste et attrape à son tour un duo de pantoufles stylisées. Nous fuyons à l’extérieur de la tranchée, ayant survécu et honoré notre formation!

Il est maintenant 20h50 et notre panier est plein à craquer. «SUIS-MOI!» Nous atteignons les cabines; seulement six articles peuvent être essayés à la fois. Défi accepté! Une vingtaine de morceaux mis au banc d’essai plus tard, de glorieux orphelins sont adoptés, laissant dans l’ombre de malheureux abandonnés.

À la caisse, le personnel nous lance un regard obscur. Il est déjà 21h03. Je sors la carte rabais dorée et ma carte Élégance. ‘’Ça va faire 26.43$, mademoiselle’’. Nous sommes complètement survoltées, ivres de nos achats. Le paiement réglé, nous sortons, folles de joie avec nos énormes sacs de trouvailles sur l’épaule. La température extérieure tente de nous ramener sur terre avec des précipitions fortes et drues : nous en dansons sous la pluie!

Pour Noël… ne m’offrez pas de présents. Amenez-moi dans une friperie!

 

Et vous? Êtes-vous plus du style friperie de village, marché aux puces ou vente de garage? Quels sont vos astuces? Quelles ont été vos plus belles trouvailles? Ou encore… avez-vous un dédain infernal envers les ressourceries? Dites-moi tout.

11 août 2017
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4 Comments

  • Reply Grand-mère

    C’est fabuleux
    Je me croyais avec vous deux

    12 août 2017 at 15 h 51 min
    • Reply Catherine Lavertu

      Merci grand-maman 🙂 xx

      14 août 2017 at 20 h 24 min
  • Reply Caroline

    Pareille comme toi! Virée prévue en fin de semaine et j’y pense depuis 3 jours.

    1 septembre 2017 at 6 h 42 min
    • Reply Catherine Lavertu

      Oh god… PUIS-JE M’INVITER DANS TA VIRÉE FRIPERIE? #please

      1 septembre 2017 at 10 h 55 min

    Répondre à Catherine Lavertu Annuler

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